Association d'information sur l'allergie et l'asthme

Votre école a-t-elle une politique en matière d’anaphylaxie?

Yvonne Rousseau, coordinatrice, AIAA C.-B./Yukon

I.  À quoi s’attendre quand vient septembre

C’est la première année que vous inscrivez votre enfant à l’école? Vous avez déménagé et l’inscrivez dans une nouvelle école? On vous remettra un formulaire avec des questions élémentaires sur son état de santé. Si vous indiquez que votre enfant a des allergies pouvant mettre en danger sa vie, vous devez vous attendre à recevoir un autre formulaire à remplir. Il s’agira d’un plan de soins d’urgence pour votre enfant*. Il décrit ses allergies, les mesures de prévention nécessaires, les symptômes de ses réactions, les étapes à suivre pour une intervention en cas d’urgence et comment vous joindre si cela arrive. Vous pourriez aussi recevoir un autre formulaire à faire remplir et signer par votre médecin de famille ou votre allergologue puis à retourner à l’école.

Si votre enfant a reçu dernièrement un diagnostic d’allergie grave, vous devez en informer l’école et remplir les formulaires requis. L’école ne peut pas protéger votre enfant si elle n’est pas au courant.

Quand on passe d’une école à l’autre, les dossiers des élèves les suivent mais ils peuvent contenir des erreurs. Ne prenez pas pour acquis que la nouvelle école saura tout de l’allergie de votre enfant. C’est aux parents, ou à l’élève s’il est assez grand, de l’informer.

C’est la même chose si votre enfant passe du primaire au secondaire. Ne prenez rien pour acquis. Vous ou votre enfant avez la responsabilité d’informer l’école secondaire. Puis, attendez-vous à recevoir encore un formulaire sur le plan de soins d’urgence de votre enfant et un autre à faire remplir par son médecin traitant.

Si votre enfant reste au même endroit et que son état de santé n’a pas changé, plusieurs écoles exigeront quand même une mise à jour des formulaires précités chaque année.

Enfin, si l’école ne vous envoie pas ces formulaires, cela peut indiquer que celle-ci, votre commission ou conseil scolaire, votre province ou territoire n’ont pas de politique sur la gestion des allergies. Renseignez-vous auprès de la direction de l’école sur les politiques en place pour protéger votre enfant.

*N. B. : À votre école, le plan de soins d’urgence pour votre enfant peut s’appeler différemment mais le contenu sera sensiblement le même.

II.  Quoi faire si votre école ne possède pas de politique en matière d’anaphylaxie

Les plans de gestion de l’anaphylaxie à l’école visent à assurer que les enfants à risque sont identifiés, qu’il y a des stratégies pour réduire les risques d’exposition accidentelle, que le personnel et les bénévoles clés ont la formation nécessaire pour intervenir en cas d’urgence. Si votre école n’a pas une telle politique, voici des étapes à suivre pour initier le processus. Assurez-vous d’abord que la direction de l’école connaît les références et les sites Web suivants :

Ensuite, renseignez la direction au sujet du document L’anaphylaxie à l’école et dans d’autres milieux publié récemment par la Société canadienne d’allergie et d’immunologie clinique. Cet ouvrage décrit l’importance d’une politique en matière d’anaphylaxie à l’école ainsi que ses principaux éléments. Les bureaux régionaux de l’AIAA en vendent des copies à 15 $, avant frais d’expédition. Vous pouvez aussi communiquer avec votre coordinatrice régionale de l’AIAA pour vous renseigner à ce sujet et sur d’autre documentation sur l’anaphylaxie à faire envoyer directement à la direction de l’école, au conseil ou à la commission scolaire.

Visitez tous ces sites vous-même. Découvrez comment préparer un plan de soins d’urgence pour votre enfant et apportez-le à la direction de l’école. N’oubliez pas d’y inclure une photo récente de votre enfant et organisez une rencontre avec son enseignant ou son enseignante avant la rentrée.

Des copies du plan d’urgence de votre enfant et sa photo doivent être affichés dans des endroits stratégiques pour que le personnel scolaire apprenne à connaître votre enfant et la procédure à suivre pour intervenir en cas d’urgence. Citons, entre autres endroits, la classe de votre enfant, la salle des enseignants, la salle de photocopie et le coin repas des enseignants. Cela devient plus difficile quand votre enfant grandit et ne veut plus que tout le monde soit au courant de ses allergies. Son plan d’urgence doit alors être affiché plus discrètement. En conserver une copie dans le carnet de tâches de son enseignant est très important. C’est là qu’un enseignant suppléant le trouvera le plus facilement.

Demandez à la direction de voir à la formation de tout le personnel scolaire chaque année (deux fois l’an de préférence). Cette formation devra couvrir ce qu’est l’anaphylaxie dans son ensemble, les mesures de prévention, les signes et symptômes d’une réaction ainsi que comment utiliser les auto-injecteurs d’épinéphrine y compris une pratique avec des démonstrateurs. Encouragez les enseignants à se pratiquer régulièrement dans l’année avec les auto-injecteurs de démonstration.

L’AIAA offre un excellent outil pour la formation du personnel, la Trousse de référence sur l’anaphylaxie de l’AIAA. Vous pouvez vous en servir pour faire vous-même la formation ou communiquer avec votre coordinatrice régionale pour voir s’il y a un représentant ou une représentante de l’AIAA près de chez vous qui pourrait aller dispenser cette formation dans votre école. Là où cela s’applique, une autre possibilité serait de communiquer avec une infirmière en santé publique pour lui demander si elle serait prête à le faire.

Il faut aussi un système pour que les enseignants suppléants puissent savoir quels enfants sont atteints d’anaphylaxie et en quoi consistent leurs plans de soins d’urgence. Les suppléants doivent aussi avoir reçu la formation sur l’utilisation des auto-injecteurs. Il faut également que les chauffeurs d’autobus scolaires possèdent ces renseignements et cette formation.

Ensemble, vous devrez travailler avec la direction, les enseignants ou l’infirmière scolaire sur la mise en place de stratégies pour réduire le risque d’exposition aux allergènes.

Dans vos discussions avec la direction ou les enseignants, nous vous suggérons d’éviter des termes et expressions comme « sans arachide », « sans noix », « garanti sans » ou « bannir ». Ils sont parfois trompeurs et peuvent susciter une réaction négative de la part du milieu scolaire. Il est impossible de garantir ou d’assurer le respect d’une interdiction alimentaire.

L’AIAA vous propose plutôt d’utiliser « sensibilisation aux allergies ». C’est par la formation des autres parents, des autres élèves et du personnel scolaire que vous pourrez offrir à votre enfant la deuxième plus importante mesure de sécurité. La première en importance consiste à lui enseigner les régles élémentaires pour rester à l’abri du danger.

Il importe de communiquer aux autres élèves et à leurs parents les renseignements sur les allergies de votre enfant. Vous trouverez des exemples de lettres dans L’anaphylaxie à l’école et dans d’autres milieux. Il vous faudra, bien entendu, la collaboration de son enseignant et de la direction de l’école. Les lettres communiquant avec les autres parents doivent préciser que, bien que l’anaphylaxie soit potentiellement grave et fatale, on peut grandement en diminuer les risques avec de la coopération, des stratégies de gestion et des mesures d’urgence efficaces.

Par exemple, apprendre aux camarades de classe de votre enfant ce que sont les allergies pouvant être fatales produit d’excellents résultats. En rentrant à la maison, ces enfants disent souvent à leurs parents qu’ils ne veulent plus apporter tel aliment à l’école parce qu’ils ont un ami allergique. L’éducation est beaucoup plus efficace pour protéger votre enfant que de faire campagne pour l’interdiction d’un aliment.

Les excursions exigent plus d’attention et de préparation quand il y a un enfant à risque d’anaphylaxie dans la classe. Il faut évaluer la probabilité que l’enfant soit exposé à l’allergène auquel il est sensible, prévoir que tous les enseignants et surveillants soient au courant et sachent quoi faire en cas d’urgence, s’assurer qu’on emporte des auto-injecteurs, que l’enfant en ait un sur lui, prévoir une deuxième injection si nécessaire, se procurer un téléphone cellulaire et les numéros des personnes à appeler en cas d’urgence.

Votre enfant devrait porter un bracelet MedicAlert® ou une autre pièce d’identité médicale, indiquant quelles sont ses allergies et qu’il porte un auto-injecteur. Ceci aidera grandement les premiers intervenants ou les ambulanciers paramédicaux.

III.  Quoi demander si vous militez en faveur d’une politique en matière d’anaphylaxie dans votre commission ou conseil scolaire et dans votre province

Même si vous avez obtenu la collaboration de la direction et des enseignants de votre école, vous pourriez vouloir que celle-ci, votre commission ou conseil scolaire, ou votre province implantent une politique officielle en matière d’anaphylaxie.

Le projet de loi 3, également appelé Loi Sabrina, est entré en vigueur le 1er janvier 2006 en Ontario. Cette nouvelle loi vise une importante question de santé et de sécurité qui affecte profondément l’état physique et émotionnel des jeunes enfants aux prises avec des allergies graves dans leurs années d’école. Le Nouveau-Brunswick et l’Île-du-Prince-Édouard ont adopté des politiques sur l’anaphylaxie dans les écoles. Au Québec, les infirmières scolaires doivent identifier les enfants à risque et voir à la formation du personnel.

À l’heure actuelle cependant, de nombreux parents dans d’autres provinces doivent encore lutter pour faire implanter une politique sur l’anaphylaxie dans les écoles que fréquentent leurs enfants. Certaines provinces n’ont même PAS de normes uniformes pour la protection des enfants anaphylactiques. Quand une famille déménage, les parents doivent faire l’éducation de l’école sur les dangers de l’anaphylaxie, sur l’importance d’avoir un auto-injecteur d’épinéphrine à portée de la main et sur la nécessité d’enseigner à tout le personnel et aux enseignants à utiliser un auto-injecteur correctement. Des procédures uniformes préviendraient le stress et les épreuves auxquels font face les parents pour obtenir de la coopération sur les procédures qui protègeront la sécurité de leur enfant.

Si vous désirez vous concentrer sur une politique locale pour votre école, votre conseil ou commission scolaire, écrivez aux autorités compétentes. Rencontrez-les et faites-leur savoir que vous désirez qu’ils implantent une politique sur l’anaphylaxie comportant les huit points ci-dessous. Tentez d’obtenir l’appui des infirmières en santé publique. Concertez vos efforts avec d’autres parents qui ont des enfants à risque d’anaphylaxie.

Si votre province ou votre territoire ne possède pas de politique d’ensemble en la matière, écrivez à votre gouvernement que vous voulez que vos enfants bénéficient de sa part de la même protection que celle obtenue par les parents de l’Ontario, du Nouveau-Brunswick et de l’Île-du-Prince-Édouard pour leurs enfants.

Écrivez à votre gouvernement pour l’informer qu’il faut que toutes les écoles aient un plan d’urgence pour protéger les enfants à risque. Voici les principaux points à inclure dans un plan provincial ou territorial de gestion de l’anaphylaxie.

Les enfants gravement allergiques vivent un stress étranger à la plupart des autres enfants. Ils ont besoin de se sentir en sécurité pour apprendre et se développer psychologiquement. Tous les enfants méritent d’avoir un milieu scolaire qui les sécurise.

Référence :  L’anaphylaxie à l’école et dans d’autres milieux

Info asthme allergies, numéro 3 2006

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