Association d'information sur l'allergie et l'asthme

Toujours prêt !

Bill Lang, vice-principal, Kelowna Secondary School, C.-B.

Toujours prêt ! Comme dit la devise des scouts, nous croyions bien l’être...

Au printemps, la fanfare de notre école est partie en voyage à Edmonton. Le prof de musique avait fait tout ce qu’il faut faire d’habitude : trouver une mère comme chaperon, faire remplir les formulaires d’autorisation et les formulaires médicaux pour les enfants, confirmer tous les engagements sur place et distribuer un programme d’activité détaillé. Les parents ont été convoqués à de sessions d’information, on a organisé des collectes pour se financer, nos instruments étaient accordés et polis.

Finalement, nous avions tous nos bagages et étions prêts à partir. Le groupe est monté dans l’autobus et on a pris la route. En chemin, on s’est bien amusé. Les élèves ont regardé des films et découvert les sites d’intérêt alors que les adultes passaient en revue l’itinéraire et les formulaires médicaux. Pas un de ces formulaires ne manquaient ; tous portaient la signature des parents et tous attestaient que les enfants étaient en santé et n’avaient aucun problème. Nous avons a discuté de la répartition des chambres et revu, avec les jeunes, les règles du couvre-feu. Puis l’autobus est arrivé au Fantasyland Hotel d’Edmonton. L’hôtel et le centre d’achat valaient vraiment le coup d’oeil.

Le lendemain, tous nos engagements se sont déroulés sans heurt. Nous avons donné quatre concerts en deux jours. Notre prof avait prévu une sortie en soirée dans son budget et notre séjour touchait à sa fin. On a donc choisi une boîte qui servait du spaghetti en ville. Tout le monde avait envie de fêter. Quel repas ... tout le monde a trouvé que ça n’était pas cher. Nous étions 60 attablés au fond du restaurant. Il a fallu quatre ou cinq serveurs pour s’occuper de notre groupe. Les jeunes riaient et s’amusaient vraiment. Notre chaperon, le chauffeur d’autobus, le prof de musique et moi étions assis avec un groupe de six d’entre eux. Les serveurs ont commencé à apporter le dessert : de la crème glacée spumoni. Nous étions une des dernières tables. Les serveurs venaient juste de commencer le service à l’autre bout. En mettant la crème glacée sur la table, un d’entre eux a mentionné que la crème glacée contenait des noix. Ils ont répété cet avertissement à toutes les tables. Mais, il y avait beaucoup de bruit, on parlait fort, les élèves étaient excités et il y en a qui n’y ont pas fait attention.

Une élèves parmi les premières personnes servies était allergique aux noix quand elle était petite mais nous n’en avions pas été informés. Elle a pris une bonne cuillérée de la délicieuse crème glacée et l’a avalée. Presqu’instantanément, elle s’est rendu compte qu’elle n’aurait pas dû le faire. Elle s’est concentrée sur sa situation plutôt que sur la fête qui se déroulait autour d’elle. Elle entendait maintenant clairement les serveurs avertissant l’une après l’autre les tables voisines au sujet des noix. Les filles à sa table ont vu qu’elle n’allait pas bien. Son visage avait changé de couleur, elle respirait vite et bruyamment. L’élève en question pensait que cela passerait comme les deux autres fois où elle avait fait une réaction. Elle a demandé un antihistaminique. Les filles de son groupe avaient peur. Elle se sont dirigées vers notre table en soutenant leur camarade. Elles ont demandé un antihistaminique. Personne n’en avait. La mère qui nous servait de chaperon s’est précipitée dehors et a hélé un taxi pour trouver une pharmacie ouverte un dimanche à 18 h 30 dans cet endroit. Entretemps, je me suis mis à questionner l’élève. Nous n’arrivions pas à cerner la nature de son problème.

« Qu’est-ce qui ne va pas ? »
« Es-tu malade ? »
« Ta nourriture avait-elle mauvais goût ? »
« Est-ce que quelqu’un d’autre se sent mal ? »
« Prends-tu des médicaments ? »
« Est-ce le temps de tes règles ? »
« Es-tu enceinte ? »
« Es-tu allergique à quelque chose ? »
« As-tu déjà eu une réaction comme celle-ci ? »

C’est après avoir découvert qu’elle avait déjà fait deux réactions aux noix dans son enfance qu’on a réalisé qu’on faisait possiblement face à un choc anaphylactique. Une autre élève a alors sorti un EpiPen® de son sac à main en disant : « Prenez ça. » Je me suis pris à me demander pourquoi cette élève avait un EpiPen® ? J’ai pensé que peut-être les prescriptions variaient d’un patient à l’autre. J’ai cru qu’il était impossible qu’une telle chose arrive ; le formulaire médical de l’élève n’indiquait absolument pas d’allergies alimentaires. Je me disais que d’ailleurs cela faisait longtemps qu’elle avait eu sa dernière réaction. Elle n’avait même jamais possédé d’Epipen® elle-même. Une foule de questions semblables m’envahissaient. Que devais-je faire ?

J’ai pris un cellulaire et composé le 911. Ils voulaient l’adresse du restaurant. On ne l’avait pas ; j’ai envoyé quelqu’un la demander. J’ai demandé l’assistance du 911 pour savoir comment utiliser l’Epipen®. J’avais eu de la formation là-dessus mais cela faisait longtemps. L’opératrice du 911 a refusé et ne m’a pas donné un indice ni même un conseil sur comment procéder. Elle se bornait à répéter que de l’aide était en route vers nous. Notre patiente était en train de perdre connaissance. Le chauffeur d’autobus et notre chaperon sont partis à la recherche d’une pharmacie. L’état de l’élève semblait empirer et, pourtant, seulement quatre minutes s’étaient écoulées. Il nous fallait agir maintenant. J’ai raccroché la ligne au 911. J’ai demandé à deux jeunes de tenir la patiente et je lui ai enfoncé l’Epipen® dans le côté de la cuisse. Comme j’avais oublié combien de temps il fallait maintenir l’aiguille en position, je l’ai laissé là une bonne minute. Sa réaction au médicament a été presqu’instantanée. Elle a commencé à respirer plus lentement. Puis, les ambulanciers et les pompiers sont arrivés en même temps et l’ont amenée à l’hôpital. Entretemps, une de ses amies avait communiqué avec ses parents. Elle avait des grands-parents à Edmonton ; ils l’ont rejointe à l’hôpital et tout s’est bien passé finalement.

Au retour, on a fait enquête et on a découvert que trois des élèves du groupe étaient allergiques eux aussi. Toutes les trois étaient inscrites à l’école comme n’ayant aucun problème de santé. Toutes les trois étaient sous prescription d’EpiPen®. Par chance, l’une d’elles avaient rempli sa prescription avant de partir pour Edmonton.

Depuis cet incident, nous avons appris plusieurs choses pour nous aider à l’avenir :

On n’est jamais assez prêt !

Note de la rédaction

En tant que parent d’une élève allergique du Kelowna Secondary School (le KSS), je donne de la formation chaque année à cette école secondaire. Une chance que même si l’élève n’avait pas été identifiée comme allergique, Bill Lang possédait une solide formation en premiers soins et se rappelait le volet sur les allergies. Cela l’a aidé à réagir de manière appropriée.

Il est de plus en plus évident qu’il faut insister sur la gravité des allergies et de l’anaphylaxie.

Les médecins doivent s’assurer que les élèves et leurs parents le savent. Peu importe le temps écoulé depuis la première réaction, il faut indiquer que l’élève est allergique. Un allergologue peut émettre un diagnostic et le médecin traitant doit prescrire de l’épinéphrine en fonction de celui-ci.

Puis, il faut que les élèves ou leurs parents achètent l’épinéphrine et qu’elle soit toujours à portée en cas d’urgence. Il faut s’assurer que tous les intervenants en sont avisés. En cas de réaction, la vie de l’élève pourrait dépendre de leur intervention rapide.

Comme parents, rappelons-nous que les éducatrices et les éducateurs sont d’abord des enseignants. Ils ne possèdent pas de formation médicale. Ils ont affaire à toute une variété d’élèves dans un environnement très complexe. Bien que diagnostiqués comme étant allergiques, nos enfants ont l’air en parfaite santé. La plupart du temps, ils n’ont pas besoin d’aide à l’école. Cela peut induire les parents et les intervenants à une certaine suffisance. Quand une réaction date de plusieurs mois, voire des années, on développe une fausse impression de sécurité. Si cela fait deux ans ou plus que votre enfant n’a pas eu de réaction, prenez rendez-vous chez votre allergologue. Chez certains enfants, les allergies disparaissent avec l’âge. Chez la plupart, cependant, elles persistent durant toute leur vie. S’abstenir de s’exposer aux allergènes protège les patients mais cela peut leur donner l’impression que l’allergie a disparu. Avant de le prendre pour acquis, consultez un allergologue pour faire des tests et le vérifier.

Les directeurs d’école ont besoin de l’aide des élèves allergiques et de leurs parents pour pouvoir identifier les personnes à risque. Il importe aussi que les enseignants et le personnel aient au moins une formation annuellement sur comment traiter une réaction allergique ou un choc anaphylactique.

La sécurité de nos enfants dépend de la collaboration de tous les intervenants : médecin, parents, personnel scolaire ou en garderie. Souvenez-vous des trois A :

Apprendre !
S’Abstenir !
Agir !

Info asthme allergies, numéro 3 2003

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