Association d'information sur l'allergie et l'asthme

Les allergies aux cosmétiques — Le savon est-il bon pour la santé ?

Marthe Lefebvre, Montréal (Québec)

Voici le premier d’une série d’articles visant à aider les membres de l’AIAA à mieux comprendre les allergies aux produits cosmétiques. Vous y trouverez de l'information de base et quelques recommandations de Santé Canada pour réduire les risques.

Au Canada, les produits cosmétiques rapportent 5,4 milliards de dollars à l’industrie du commerce de détail. Selon Santé Canada, les cosmétiques sont constitués de quelque 10 000 ingrédients différents (à l'exclusion des arômes et des parfums). On estime que les adultes nord-américains utilisent, en moyenne, sept produits cosmétiques différents chaque jour.

En 2006, dans un article en anglais intitulé "The great cosmetics debate", deux journalistes de l’Ottawa Citizen, Shelley Page et Susan Allan, ont leurs propres statistiques sur les femmes canadiennes, qui sont assez éloquentes [traduction libre] : « Au moment de prendre son premier café le matin, une femme moyenne aura aspergé, vaporisé et fait mousser sur son corps 126 substances chimiques différentes appartenant à 9 produits différents, allant du shampooing et au gel pour les cheveux jusqu’à sa lotion pour raffermir la peau, son fond de teint et son eau de toilette. Il se peut que les préadolescentes et les adolescentes, qui s’initient à ce régime pour la vie, utilisent moins de produits, mais les reines de beauté ne s’en priveront pas et s’enduiront de plus de produits chimiques pour atteindre tout leur éclat. »

Un grand nombre d'études, de tests et d’incidents déclarés ont démontré que certains ingrédients chimiques des cosmétiques contribuent effectivement aux maladies allergiques, y compris l’asthme. Certains de ces produits risquent de provoquer des irritations de l’oeil ou de la peau. Ils peuvent aussi être des irritants pulmonaires et des déclencheurs de l’asthme.

Des effets secondaires ont été attribués à des cosmétiques courants que la population utilise continuellement, comme les: savons, mousses pour bains et douches, produits après rasage, déodorants, crèmes pour le visage, fonds de teint, ombres à paupières, mascaras, crèmes de rasage, fixatifs pour les cheveux et vernis à ongles.

Un jour ou l’autre, la plupart des gens ont une légère réaction et changent simplement de produit. Il en a autrement des personnes très sensibles chez qui se manifestent des symptômes beaucoup plus graves. Il faut alors obtenir un diagnostic afin de prévenir une réaction pouvant leur être fatale.

La dermatite de contact allergique

Par définition, les cosmétiques entrent en contact avec la peau. Les crèmes, shampooings, déodorants et autres produits sont normalement conçus en fonction d’une absorption cutanée. Ils peuvent donc faire pénétrer des substances nocives dans un organisme sensible. Les allergènes et irritants de nature chimique peuvent produire des effets indésirables qui sont généralement associés à une dermatite de contact allergique.

Ses principaux symptômes sont ceux de l'eczéma (dermatite) là où il y a contact avec la peau, par exemple, au visage, aux lèvres, aux yeux ou à d’autres parties du corps. Selon la puissance de l’allergène ou de l’irritant (parfum capiteux c. savon léger) et la sensibilité de la personne, ces symptômes se déclencheront après quelques minutes ou quelques heures d’exposition. Cela peut prendre aussi des jours, des semaines ou des années d’exposition répétée avant qu’une personne ne devienne sensible et développe une allergie spécifique.

Un test cutané sert à confirmer le diagnostic de sensibilité aux cosmétiques.Pour ce faire, on applique un peu de produit sur une petite surface de peau derrière l'oreille ou sur l'avant-bras puis on laisse sécher. Après 24 heures, on lave l'endroit avec de l'eau et du savon. Une rougeur, une brûlure, des picotements ou des éruptions signalent une réaction positive et confirment le diagnostic. Dans ce cas, il faut arrêter d’utiliser le produit et éviter d’y être exposé.

La loi : Étiquetage des ingrédients obligatoire sur tous les cosmétiques, y compris les échantillons

Le 1er décembre 2004, Santé Canada a publié dans la Partie II de la Gazette du Canada le nouveau Règlement sur les cosmétiques, qui rend obligatoire l'étiquetage des ingrédients pour tous les cosmétiques vendus au Canada. Comme pour les aliments, l'étiquetage des ingrédients permettra au public canadien d'éviter des produits cosmétiques auxquels il pourrait être sensible.

D’après l’Association canadienne des cosmétiques, produits de toilette et parfums (ACCPTP) qui représente l’industrie au Canada, ces nouvelles exigences sont entrées en vigueur chez les fabricants le 16 novembre 2006. Santé Canada a accordé aux détaillants une année de transition supplémentaire afin de permettre l'épuisement des stocks achetés avant cette date. Le consommateur devrait donc voir la liste complète des ingrédients sur tout emballage de produit cosmétique maintenant vendu au Canada. En réalité, tout cela est assez récent. Il faut donc prévoir un certain temps avant que tous les intéressés, y compris les fonctionnaires, les fabricants et les consommateurs, soient bien informés pour pouvoir prévenir les accidents et que tout soit sous contrôle.

Réduire vos risques d’allergies aux cosmétiques

La liste qui suit contient des recommandations de Santé Canada afin d’aider à réduire les risques liés à l'utilisation des cosmétiques.

Info asthme allergies, numéro 3 2008

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