Association d'information sur l'allergie et l'asthme

Des salles de classe sans nourriture

Rebecca Bird, Pointe Claire (Québec)

Depuis la maternelle en septembre 2001, mon fils, Cameron Geller, et son meilleur camarade de classe, Kristian Johnson-Galvez, fréquentent tous deux l’école primaire St. John Fisher à Pointe-Claire (Québec). Ils souffrent tous deux d’allergies alimentaires graves et multiples. Cameron est allergique au lait, à l’arachide, aux noix et aux œufs. Kristian est allergique aux œufs, à l’arachide et aux noix.

Les garçons ont toujours été ensemble à l’école. Aucun des aliments auxquels ils sont allergiques n’y est interdit mais ils ont une salle de classe sans nourriture. Cela signifie qu’on ne mange JAMAIS de nourriture dans leur classe. Normalement, l’école se sert des classes comme coins-repas étant donné le nombre d’enfants qui dînent à l’école. Toutefois, on a toujours trouvé une autre pièce pour le lunch des élèves de la classe de Cam et de Kristian. De plus, aucune gourmandise (y compris les gâteaux d’anniversaire) ne peut être apportée dans leur classe.

En plus de l’interdiction de nourriture, QUICONQUE se rend dans cette classe DOIT se laver les mains avant d’entrer. Cela veut dire au moins quatre fois par jour pour chaque élève de la classe (en entrant le matin, après la récréation dans la matinée, après dîner, après la récréation dans l’après-midi). En maternelle, on s’est rendu compte que tout ce lavage de mains prenait du temps. On a maintenant des boîtes de lingettes près de la porte de la classe à cet effet. En vieillissant, les garçons ont commencé à avoir des cours d’anglais et de français dans deux classes différentes. Ils sont toujours ensemble mais, comme ils utilisent deux classes, il a fallu en faire des « zones de sécurité » à leur intention. Quand Cam et Kristian ne sont pas dans ces classes, leurs pupitres sont couverts avec des grandes feuilles de plastique pour les garder propres. De plus, comme les deux salles de classe sont sans nourriture, il a donc fallu trouver deux autres coins-repas (cela a surtout été difficile pour la directrice, car je sais que les enseignants ADORENT avoir une classe sans nourriture parce qu’elle reste bien plus propre) et s’assurer que les deux groupes d’élèves se lavent les mains quatre fois par jour (56 élèves x 4 lingettes = 224 lingettes par jour). Le coût des lingettes a été absorbé en partie par notre association foyers-écoles et par le fait que Cameron soit désigné comme « enfant handicapé » par le gouvernement provincial à cause de ses allergies graves. Cela nous donne accès à un peu plus de financement.

L’approche de l’école St. John Fisher pour la sécurité de Cameron et Kristian a vraiment porté fruits. Ni l’un ni l’autre n’a eu de réaction à l’école. Qui plus est, leurs salles de classe sont les plus « saines » de toute l’école ; avec le lavage des mains, il y a moins de rhumes et de grippes. Même certains parents, auparavant inquiets que leurs enfants se retrouvent dans la classe « des allergiques », insistent maintenant pour qu’ils soient inscrits dans ces classes propres et favorables à la santé !

Info asthme allergies, numéro 1 2006

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