Association d'information sur l'allergie et l'asthme

« Perdre » son allergie à l’arachide en grandissant

Nancy Wiebe, bénévole AIAA

Au souper de l’Action de grâce en 1995, notre fille Laura avait un an. Elle a dévoré son repas avec plaisir, ne laissant rien d’une cuisse de dinde et d’un petit pain de son père.  Au dessert, elle a pris un biscuit au beurre d’arachide, l’a porté à ses lèvres puis rejeté dans son assiette. Bien qu’étonnés, nous avons pensé qu’elle était finalement rassasiée.

Quelques heures après, elle s’est réveillée en criant dans son lit. Nous l’avons trouvée couverte d’urticaire des pieds à la tête et enflée comme un ballon. C’était, il y a dix ans, notre première rencontre avec l’allergie à l’arachide.

Notre fille a fait une réaction importante lors de son test cutané à l’arachide. L’allergologue nous a annoncé qu’elle avait une allergie pouvant mettre en danger sa vie. Il nous a remis une prescription pour l’EpiPen®, mais pas d’information sur l’allergie à l’arachide ni d’instructions sur ce qu’est l’EpiPen® ou comment l’administrer. Cela m’a pris du temps, dans cette période sans Internet, pour trouver quelque chose sur les allergies graves. Nous avons éventuellement pu trouver des renseignements de base et nous en sommes tirés comme on a pu.

En grandissant, Laura a eu une attitude très responsable vis-à-vis des règles à suivre pour sa nourriture. Au cours des dix années qui suivirent, elle n’a eu qu’une faible réaction cutanée. Nous savions, par ailleurs, qu’à l’âge de sept ans elle avait mangé un biscuit au chocolat et au beurre d’arachide accidentellement sans faire de réaction. L’incident nous a inquiétés, bien sûr, mais nous nous sommes demandés à quel point elle était allergique, voire si elle l’était vraiment. Nous lui avons fait passer un autre test cutané. Son résultat était toujours au-dessus de 4.  Nous avons donc continué d’appliquer des stratégies de prévention contre l’arachide.

L’année suivante, j’ai appris de l’AIAA qu’une recherche était en cours pour déterminer si certains enfants se défont de leur allergie à l’arachide avec l’âge.  Les résultats préliminaires tendaient à indiquer que les tests cutanés pourraient ne pas être toujours de bons prédicteurs de réactions. Nous voulions que notre fille passe un test de provocation mais son allergologue n’était pas à l’aise avec cette possibilité. Nous avons respecté son opinion mais avons quand même décidé d’aller de l’avant.

Nous avons communiqué avec le directeur de l’étude, le Dr Antony Ham Pong à Ottawa, pour savoir s’il accepterait que notre fille en fasse partie. Toute la recherche accomplie avant même de commencer l’étude nous inspirait confiance et nous avait convaincus qu’il adopterait une approche prudente. Il a examiné le dossier de Laura et fait en sorte qu’elle passe un test sanguin UNICAP. Les résultats étaient satisfaisants et ont permis de lui administrer un test de provocation.  En novembre 2004, à notre grande joie, Laura  passait ce test de provocation haut la main.

Aujourd’hui, Laura doit régulièrement consommer des arachides pour maintenir son statut « sans allergie ». Elle n’a eu aucun problème depuis. S’agit-il d’un changement permanent ? Nous l’espérons mais nous ne pouvons pas en être totalement certains. Il y a dix ans, nous n’aurions jamais pensé que cela pourrait un jour se réaliser. Qui sait ce que nous réserve la prochaine décennie ?

Continuez à encourager l’AIAA et la recherche en matière d’allergie car nous en profitons tous.

Info asthme allergies, numéro 4 2005

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