Association d'information sur l'allergie et l'asthme

Animaux familiers à l’école

Robert R. Schellenberg, M.D., FRCPC, professeur, faculté de médecine, UBC, chef de la division Allergie et Immunologie, UBC et St. Paul's Hospital, Vancouver (Colombie-Britannique)

Toute politique scolaire qui permet de mettre les enfants allergiques en contact avec des animaux m’inquiète. Ce sont de puissants sensibilisateurs. L’exposition répétée aux animaux familiers peut développer une affection allergique, comme l’asthme, chez des personnes qui n’en ont jamais été atteintes auparavant. J’ai été personnellement associé à deux cas dans mon hôpital où des adultes sont devenus asthmatiques après avoir été exposés par inadvertance aux allergènes d’animaux. Aucun n’avait jamais eu à travailler directement avec des animaux mais ils y avaient été exposés par le système de ventilation. Cela soulève chez moi une première préoccupation. Si on garde des animaux à l’école, leurs allergènes peuvent se propager dans toutes les classes quand le système de ventilation à air chaud s’alimente aux conduits de retour de l’air froid de tout le bâtiment qu’il réchauffe avant de le redistribuer.

Le second problème vient du fait qu’il est difficile d’associer l’accroissement des symptômes de l’asthme à un facteur spécifique. Quand elles sont exposées à des animaux familiers, les personnes sensibles présentent souvent des symptômes tardifs qui se déclarent de 4 à 12 heures plus tard plutôt que de manière aiguë. C’est pour cela que l’enfant ou le parent d’un enfant dont l’asthme se déclare en soirée n’établit pas nécessairement le lien avec l’exposition à un animal durant la journée.

Ma troisième crainte vient du fait que, comme l’ont montré différents types d’allergènes, toute exposition accroît l’hyper-réactivité bronchique non allergénique. Cela veut dire que les voies respiratoires rétrécissent de façon beaucoup plus frappante chez une personne asthmatique que chez une personne normale, un phénomène pouvant provenir d’une quantité de facteurs, allergéniques ou non, comme l’air froid ou l’exercice. Par conséquent, il est fort possible qu’une personne asthmatique ne remarque pas que des crises sont directement liées à l’exposition à un animal et son asthme peut continuer de s’aggraver d’une fois à l’autre.

Pour toutes les raisons mentionnées auparavant, il est essentiel de ne pas exposer les personnes sensibles aux allergènes des animaux et de ne pas garder d’animaux en permanence dans les écoles, à moins d’avoir un système de ventilation séparé dans les locaux où ils vivent. Étant donné qu’environ 25 % de la population souffre d’allergie sous une forme ou une autre (rhume des foins, eczéma ou asthme) et que jusqu’à 10 % des habitants sont atteints d’asthme, toutes les populations scolaires comptent des enfants prédisposés aux symptômes allergiques même s’ils ne sont pas pour l’instant allergiques aux animaux. De plus, je reste convaincu que chaque système scolaire compte des enfants qui sont déjà allergiques aux animaux et dont la maladie ne pourra ainsi qu’aller en s’aggravant.

Info asthme allergies, numéro 1 2007

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