Association d'information sur l'allergie et l'asthme

La voie vers l’immunothérapie sublinguale

microscope

Eric Byrtus, étudiant en 12e année, Edmonton (Alberta)

Les vaccins accomplissent des miracles contre les maladies. Pourquoi n’y en aurait-il pas contre les allergies? La recherche partout dans le monde confirme l’efficacité de l’immunothérapie sublinguale (par voie orale) contre l’allergie au lait et certains autres aliments. L’immunothérapie, soit la désensibilisation à un allergène, est l’une des plus anciennes approches pour maîtriser les maladies allergiques. Son origine remonte à plus de 100 ans alors qu’elle était tentée pour la première fois pour vaincre le « rhume des foins » en raison du pollen de graminées. Les traitements traditionnels à base d’antihistaminiques et de corticostéroïdes ne font que traiter les symptômes. Par contre, l’immunothérapie a le pouvoir de modifier le cours naturel de la maladie allergique. En raison des risques élevés d’anaphylaxie, elle n’est pas couramment utilisée pour traiter les allergies alimentaires. À l’heure actuelle, il existe deux types d’immunothérapie : sous-cutanée et sublinguale. L’immunothérapie sous-cutanée implique de nombreuses injections directement sous la peau alors que la sublinguale comporte des gouttes ou des comprimés contre les allergies que l’on place sous la langue.

Contrairement à l’immunothérapie sous-cutanée utilisée contre les allergènes inhalés comme la poussière, le pollen et les moisissures, la nouvelle immunothérapie sublinguale, à l’étude à l’heure actuelle contre les allergènes alimentaires, est principalement administrée par le patient ou un intervenant. Parmi d’autres avantages, la méthode sublinguale comporte moins d’effets secondaires, nettement moins de risques d’anaphylaxie et des coûts moins élevés tout en produisant des résultats en quelques mois à peine. L’immunothérapie sublinguale semble en outre des plus prometteuses pour traiter les mêmes types d’allergie que la méthode sous-cutanée.

Ainsi, le traitement pour les allergies alimentaires se fera en général une fois par jour en augmentant progressivement la dose jusqu’à atteindre une cible préétablie permettant, on l’espère, d’arriver à un seuil de tolérance et normaliser l’alimentation du patient. À tout le moins, ceci devrait lui offrir une protection suffisante contre l’anaphylaxie lors d’expositions accidentelles mineures. Compte tenu de tous les avantages par rapport à l’immunothérapie sous-cutanée, et surtout par rapport aux traitements conventionnels, il est difficile de croire qu’on ait pas souvent recours à l’immunothérapie sublinguale. En réalité, cela fait plus de 60 ans qu’on utilise des gouttes contre les allergies partout dans le monde et nombre d’études attestent de leur innocuité et de leur efficacité. L’Organisation mondiale de la santé (OMH) appuie l’immunothérapie sublinguale en tant qu’alternative viable à la thérapie par injections. La Collaboration Cochrane, l’organisation internationale la plus réputée en matière de revue d’interventions en soins de santé, a dernièrement conclu que l’immunothérapie réduit de manière significative les symtômes allergiques ainsi que l’utilisation des médicaments antiallergiques.

Ce mode de traitement est de plus en plus accepté dans le monde et de plus en plus étudié en fonction des allergènes alimentaires, principalement le lait, les oeufs, l’arachide et les noisettes. En se fondant sur cette fascinante recherche, des pédiatres allergologues d’Edmonton ont commencé à offrir une désensibilisation au lait à quelques patients choisis et envisagent le faire pour les oeufs et l’arachide dans un avenir prévisible. Les Drs Carr, Lidman, et Vander Leek sont tous optimistes et croient que cette approche novatrice des allergies alimentaires transformera la vie des patients hypersensibles aux prises avec des allergies persistantes.

Note de la rédaction : Il faut faire une distinction entre l’immunothérapie sublinguale décrite dans cet article, aussi désignée « par voie orale », et une technique non éprouvée et controversée beaucoup utilisée il y a quelques décennies et moins maintenant, connue sous les appellations « test de provocation-neutralisation » et « désensibilisation sublinguale ».

Info asthme allergies, numéro 2 2008

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